On peut facilement confondre Barb4ry, « Versus » et Versus Tour Live 2004, tant ces trois noms appartiennent à la même période d’EZ3kiel. Je distingue ici l’album studio, son morceau le plus recherché, ses invités, sa place dans la discographie et le meilleur ordre d’écoute pour entrer dans cet univers electro dub singulier.
Les repères essentiels pour comprendre Barb4ry et Versus
- Barb4ry est le deuxième album studio d’EZ3kiel, publié en avril 2003.
- Versus est le deuxième titre du disque, avec Angélique Wilkie et Black Sifichi.
- L’album compte 11 morceaux pour environ 53 minutes d’écoute.
- DAAU et plusieurs invités donnent au disque sa dimension organique et expérimentale.
- Versus Tour Live 2004 est un projet live distinct, sorti ensuite avec un CD et un DVD.
Barb4ry et Versus ne désignent pas le même disque
Le point le plus important est simple. Barb4ry est l’album studio, tandis que Versus est un titre placé en deuxième position sur ce disque. La confusion vient surtout de la sortie live qui suivra, intitulée Versus Tour Live 2004.
Barb4ry paraît en 2003 chez Jarring Effects, alors que le projet live est enregistré au printemps 2004 pendant une tournée avec plusieurs artistes invités. Ce dernier sort ensuite sous la forme d’un coffret comprenant environ 70 minutes de musique sur CD, un DVD de concert et des contenus vidéo.
La fiche officielle du groupe sur Bandcamp confirme également cette séparation entre l’album original et sa déclinaison scénique. Pour écouter la création dans son ordre de conception, il faut donc commencer par Barb4ry, puis passer au live.
Une tracklist courte mais très dense
Avec onze titres, Barb4ry ne donne jamais l’impression de s’étirer. Sa durée d’environ 53 minutes permet à EZ3kiel d’installer des ambiances longues sans perdre la tension ni l’attention de l’auditeur.
| Titre | Durée | Repère d’écoute |
|---|---|---|
| Kika | 2 min 25 | Ouverture brève et atmosphérique |
| Versus | 4 min 16 | Voix d’Angélique Wilkie et Black Sifichi |
| Another | 5 min 23 | Développement instrumental |
| 3 rue Monplaisir | 5 min 27 | Participation de DAAU |
| Phantom Land | 4 min 53 | Intervention d’Angélique Wilkie |
| Tôt ou tard | 1 min 51 | Interlude de transition |
| ObSsd | 4 min 25 | Voix de Black Sifichi |
| Barb4ry | 5 min 04 | Titre central et très représentatif |
| Thought | 5 min 29 | Avec Angelo Moore |
| Sûrement | 7 min 31 | Pièce longue et progressive |
| AKIK | 6 min 50 | Parfois référencé sous le nom Coaxial |
Je conseille de ne pas commencer par une écoute aléatoire. L’enchaînement de Kika à AKIK construit une trajectoire cohérente, avec des respirations courtes entre des passages beaucoup plus lourds.
Ce que les invités apportent réellement à l’album
EZ3kiel ne se contente pas d’ajouter des chanteurs sur des morceaux électroniques. Le groupe confronte ses machines, ses basses et ses percussions à des voix très physiques ainsi qu’à des arrangements plus organiques. C’est ce contraste qui donne à Barb4ry son relief particulier.
Une électronique qui reste humaine
Sur « Versus », la voix de Black Sifichi apporte une présence parlée, presque incantatoire, tandis qu’Angélique Wilkie ajoute une dimension plus mélodique. Le morceau avance sur une base sombre et tendue, entre dub, trip-hop et rock industriel.
Le dub repose ici sur une basse profonde, des échos et des effets qui déplacent les sons dans l’espace. Le trip-hop, lui, se reconnaît à ses tempos lents et à son atmosphère nocturne. EZ3kiel utilise ces codes, mais les rend plus abrasifs et plus cinématographiques.
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La couleur de DAAU
La présence de DAAU, formation belge associée aux cordes et aux instruments acoustiques, évite au disque de rester enfermé dans une esthétique purement électronique. Sur « 3 rue Monplaisir » et dans plusieurs arrangements, les textures instrumentales donnent une profondeur presque de musique de chambre.
À mon oreille, c’est cette tension entre délicatesse et brutalité qui fait la réussite de Barb4ry. Les passages les plus calmes ne cherchent pas à adoucir l’album, ils préparent souvent une reprise plus dense ou plus menaçante.
La place de Barb4ry dans la discographie d’EZ3kiel
Barb4ry arrive après Handle with Care, publié en 2001. Il marque une étape importante dans l’évolution d’un groupe déjà attiré par le dub, l’electro et les dispositifs visuels, mais qui commence ici à élargir franchement sa palette.
| Période | Projet | Ce qu’il apporte |
|---|---|---|
| Fin des années 1990 | Equalize It | Premières bases dub et électroniques |
| 2001 | Handle with Care | Affirmation du son du groupe |
| 2003 | Barb4ry | Ouverture aux voix, aux cordes et aux invités |
| 2005 | Versus Tour Live 2004 | Transposition scénique et collaborative |
| 2007 | Naphtaline | Développement de l’univers audiovisuel |
| 2008 | Battlefield | Son plus ample et plus frontal |
Je considère Barb4ry comme le disque charnière de cette première période. Il conserve l’énergie brute des débuts, tout en annonçant les œuvres plus ambitieuses et plus visuelles qui suivront.
Dans quel ordre écouter les deux versions
Pour découvrir EZ3kiel, je recommande trois étapes simples. Commencez par l’album complet, écoutez ensuite « Versus » seul pour saisir son efficacité immédiate, puis revenez au disque sans interrompre le fil.
- Pour une première découverte, écoutez Barb4ry dans son ordre original.
- Pour entrer rapidement dans le son du groupe, commencez par « Versus », « Phantom Land » et « Barb4ry ».
- Pour mesurer la différence entre studio et scène, enchaînez avec Versus Tour Live 2004.
Le live n’est pas une simple copie. Les morceaux gagnent en durée, en puissance et en interaction avec les invités. Il faut toutefois connaître l’album studio auparavant, sans quoi certaines reprises et certains prolongements perdent une partie de leur impact.
Pourquoi Barb4ry reste un point d’entrée solide en 2026
Barb4ry mérite encore l’écoute parce qu’il échappe aux catégories trop faciles. Ce n’est ni un album de dub classique, ni un disque rock instrumental, ni une œuvre trip-hop au sens strict. C’est une rencontre maîtrisée entre basses électroniques, voix, cordes et tension industrielle.
Si vous appréciez les musiques alternatives françaises qui prennent des risques sans abandonner le sens de la composition, ce disque reste un choix évident. Pour moi, son meilleur atout tient à cette idée rare de faire cohabiter la beauté et l’inquiétude sans lisser l’une au profit de l’autre.