Black Star Riders est un cas intéressant parce qu’il ne s’agit pas seulement d’un groupe de hard rock né d’un héritage prestigieux, mais d’un projet qui a choisi de se construire avec ses propres règles. Pour comprendre qui en a été le moteur, comment les membres ont évolué et pourquoi ce nom compte autant dans l’histoire post-Thin Lizzy, il faut regarder à la fois la genèse du groupe et ses différentes formations. C’est ce que je détaille ici, avec les repères utiles pour lire sa discographie et ses line-ups sans se perdre.
Les points essentiels à retenir sur leur formation et leurs membres
- Le groupe naît en 2012 autour d’anciens musiciens liés à Thin Lizzy, mais avec l’idée d’exister comme entité autonome.
- Le noyau le plus identifié reste celui de Ricky Warwick, Scott Gorham, Damon Johnson, Marco Mendoza et Jimmy DeGrasso à l’origine du projet.
- En 2026, la formation de scène annoncée met surtout en avant Ricky Warwick, Sam Wood, Marco Mendoza et Jimmy DeGrasso.
- Le line-up a beaucoup bougé, donc il faut distinguer les membres fondateurs, les musiciens de studio et les musiciens de tournée.
- Le groupe reprend une grammaire hard rock très lisible, mais il ne faut pas le réduire à un simple hommage à Thin Lizzy.
Pourquoi le projet a été créé hors du nom Thin Lizzy
Le point de départ est simple, mais important: le groupe est né d’une décision de rupture contrôlée. Des musiciens passés par Thin Lizzy voulaient enregistrer du nouveau matériel, sans le publier sous un nom qui aurait entretenu la confusion avec le patrimoine de Phil Lynott. Pour moi, c’est là que tout se joue: Black Star Riders n’est pas un clone, c’est une continuité assumée, mais rendue lisible comme projet distinct.
Le nom lui-même vient d’un gang de hors-la-loi dans Tombstone, ce qui donne tout de suite une coloration plus directe, plus rock, moins patrimoniale. Ricky Warwick, Scott Gorham et leurs partenaires ont ainsi posé un cadre clair: garder l’ADN des guitares jumelles, du refrain fédérateur et du souffle mélodique, tout en évitant de vendre une fausse reformation. C’est un détail de départ, mais c’est aussi ce qui explique la suite des choix de membres et la manière dont le groupe s’est stabilisé.
Cette logique de projet autonome aide aussi à comprendre pourquoi certains musiciens sont restés longtemps au centre alors que d’autres ont circulé autour du noyau. Une fois ce cadre posé, on peut regarder la formation actuelle avec beaucoup plus de précision.

La formation de scène et les rôles de chacun
En 2026, il faut distinguer la formation de scène annoncée de la photographie historique du groupe. Sur les tournées récentes, le quatuor le plus visible réunit Ricky Warwick au chant et à la guitare, Sam Wood à la guitare, Marco Mendoza à la basse et Jimmy DeGrasso à la batterie. C’est une configuration resserrée, efficace, qui colle bien à l’idée d’un hard rock nerveux et sans gras.
| Musicien | Rôle | Ce qu’il apporte au groupe |
|---|---|---|
| Ricky Warwick | Chant, guitare rythmique, parfois lead | La voix, l’écriture et l’identité de scène |
| Sam Wood | Guitare | Le renfort mélodique et l’équilibre des parties de guitares |
| Marco Mendoza | Basse | Le groove, le relief et une vraie présence rock |
| Jimmy DeGrasso | Batterie | La puissance rythmique et la stabilité live |
Ce tableau reste utile, mais il ne raconte pas toute l’histoire. Dans les listes de personnel plus récentes, on retrouve aussi des noms comme Robbie Crane ou Zak St. John, qui ont compté pour les périodes d’album et de tournée les plus récentes. Autrement dit, il n’existe pas une seule version figée du groupe: il y a un noyau, des relais et des musiciens qui prennent le relais selon les cycles. C’est précisément ce mouvement qu’il faut garder en tête pour lire les étapes suivantes.
Les musiciens qui ont le plus compté dans son identité
Si je devais résumer l’histoire du groupe en termes de membres, je dirais qu’il s’est construit par couches successives plutôt que par rupture brutale. Certains noms donnent la légitimité historique, d’autres apportent la cohérence musicale, et d’autres encore assurent la continuité quand la route devient plus longue.
- Scott Gorham a servi de pont direct avec Thin Lizzy. Sa présence a donné au projet son ancrage historique, ce qui n’est pas négligeable quand on hérite d’un tel nom.
- Damon Johnson a beaucoup pesé sur les débuts en studio et sur l’écriture. C’est typiquement le genre de musicien dont on sous-estime l’influence parce qu’il travaille à l’intérieur du morceau, pas seulement en façade.
- Marco Mendoza a apporté une basse plus chantante qu’il n’y paraît. Sur ce type de hard rock, la basse n’est pas un simple soutien; elle pousse le riff et lui donne du mouvement.
- Jimmy DeGrasso a installé une batterie solide, très lisible en live. Dans un groupe comme celui-ci, la batterie doit être précise sans être froide, et c’est là que la différence se sent.
- Robbie Crane, Chad Szeliga, Christian Martucci ou Zak St. John incarnent la phase de circulation du line-up. Ils ne sont pas toujours les noms les plus cités par le grand public, mais ils ont maintenu l’élan du projet quand les cycles d’album changeaient.
Je trouve que c’est souvent là que les lecteurs se trompent: ils cherchent un “vrai” membre et un “faux” membre, alors que dans un groupe de ce type, la fonction compte autant que le nom. Ce sont justement ces fonctions qui expliquent le son, et c’est le bon moment pour le comparer à son héritage.
Ce que leur son doit à l’héritage de Thin Lizzy
La comparaison avec Thin Lizzy revient toujours, mais elle mérite d’être faite proprement. Le groupe reprend le langage des guitares harmonisées, le sens du refrain qui se retient vite et une certaine façon de faire vivre la mélodie dans un cadre hard rock. En revanche, il ne cherche pas à imiter Phil Lynott, et c’est une bonne chose: la copie nostalgique vieillit mal, alors qu’un prolongement bien tenu peut rester vivant pendant des années.
| Élément musical | Héritage Thin Lizzy | Version du groupe |
|---|---|---|
| Guitares | Harmonies jumelles, solos chantants | Le même vocabulaire, avec une production plus moderne |
| Chant | Caractère narratif et très incarné | La voix de Warwick apporte plus de rugosité et de tension |
| Refrains | Accroche immédiate, esprit d’hymne | Des morceaux pensés pour le live et pour les grandes scènes |
| Répertoire | Catalogue historique très identifié | Priorité aux compositions originales, avec quelques rappels bien choisis |
À mon sens, c’est cette combinaison qui explique pourquoi le groupe reste crédible en festival: il ne fonctionne pas seulement sur la mémoire, mais sur une vraie mécanique de chansons. Et une fois qu’on a compris cela, on lit beaucoup mieux les changements de line-up et leur impact réel.
Comment lire leur histoire sans confondre membres fixes et musiciens de tournée
Avec un groupe aussi mobile, il faut savoir distinguer trois niveaux: les fondateurs, les membres de l’enregistrement et les musiciens de scène. Cette nuance évite pas mal d’erreurs, surtout quand les affiches, les crédits d’album et les annonces de tournée ne racontent pas exactement la même version.
- Membre fondateur : celui qui installe l’identité de départ et reste associé au récit du groupe, même après son départ.
- Membre de studio : celui qui participe à un album précis et influence le son de cette période.
- Musicien de tournée : celui qui assure la présence scénique sur une série de dates, parfois sans figurer dans les sessions d’enregistrement.
- Remplaçant temporaire : celui qui prend le relais sur une période courte, souvent pour des raisons de calendrier ou de disponibilité.
Dans leur cas, cette grille de lecture est particulièrement utile parce que le groupe a traversé plusieurs cycles: débuts très liés à l’ombre de Thin Lizzy, stabilisation autour de plusieurs albums, puis phase plus resserrée au fil des départs et retours. Quand je regarde une programmation française ou un festival rock, je conseille toujours de vérifier si l’affiche annonce la formation complète, la version de tournée ou un simple nom de groupe. Cette habitude change tout.
Ce qu’il faut regarder avant de les voir sur une affiche française
Si le groupe passe dans un festival ou une salle en France, je regarde d’abord deux choses: la formation annoncée et le répertoire susceptible d’être joué. Le dernier album en date, Wrong Side of Paradise, reste un excellent point d’entrée pour comprendre leur phase récente, mais un concert bien construit n’ignore presque jamais les morceaux qui ont installé leur réputation. En pratique, il faut s’attendre à un set où l’énergie compte autant que la nostalgie.
Pour un public français, le bon réflexe n’est pas de se demander s’il s’agit “encore” d’un prolongement de Thin Lizzy, mais plutôt de voir comment le groupe utilise cet héritage. Quand la guitare est bien en place, que Warwick tient le récit et que la section rythmique pousse sans lourdeur, le résultat fonctionne très bien en live. C’est, je pense, ce qui fait la valeur du groupe au-delà des noms qui ont circulé dans sa formation.En clair, ce projet mérite d’être suivi comme une vraie histoire de musiciens, pas seulement comme une étiquette héritée. Si vous lisez une affiche, regardez les rôles, pas seulement le nom du groupe: c’est là que se trouve l’information la plus utile, surtout quand les line-ups évoluent d’une tournée à l’autre.