Entre les riffs massifs d’Around the Fur, les atmosphères de White Pony et la tension plus récente d’Ohms, choisir un album de Deftones n’est pas toujours évident. Je vous propose ici une discographie studio complète, des repères pour commencer selon vos goûts et une lecture de l’évolution du groupe jusqu’à private music, paru en 2025.
Les repères essentiels pour comprendre les albums de Deftones
- 10 albums studio composent la discographie du groupe en 2026.
- White Pony reste le meilleur point d’entrée pour découvrir toutes les facettes de Deftones.
- Around the Fur privilégie l’impact metal, tandis que Saturday Night Wrist accentue la dimension mélodique.
- Ohms et private music montrent un groupe toujours lourd, mais plus ample et atmosphérique.
- Eros n’est pas un album studio officiellement publié et ne doit pas être ajouté à la discographie principale.

Les dix albums studio de Deftones dans l’ordre
La discographie de Deftones couvre plus de trente ans, avec une évolution rarement linéaire. Je préfère la lire comme une série de déplacements successifs entre agressivité, sensualité, mélodie et expérimentation, plutôt que comme une simple histoire de metal alternatif.
| Année | Album | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|
| 1995 | Adrenaline | Un premier disque brut, tendu et très marqué par le metal des années 1990. |
| 1997 | Around the Fur | Des riffs plus puissants et des morceaux devenus emblématiques comme “My Own Summer” et “Be Quiet and Drive”. |
| 2000 | White Pony | Le grand tournant artistique, entre lourdeur, textures électroniques et chant mélodique. |
| 2003 | Deftones | Un album dense et sombre, souvent appelé l’album blanc par les fans. |
| 2006 | Saturday Night Wrist | Une œuvre plus contrastée, portée par ses ambiances et ses refrains mélancoliques. |
| 2010 | Diamond Eyes | Un retour très efficace, compact et immédiatement accessible. |
| 2012 | Koi No Yokan | Un équilibre remarquable entre puissance, espace sonore et émotion. |
| 2016 | Gore | Un disque plus aérien, parfois moins direct, mais riche en couleurs. |
| 2020 | Ohms | Une synthèse solide du son du groupe, avec une production ample et des riffs imposants. |
| 2025 | private music | Le dixième album studio, composé de 11 titres pour environ 42 minutes. |
Il faut distinguer ces albums des projets voisins. Black Stallion est un disque de remixes lié à White Pony, tandis qu’Eros reste un projet inédit enregistré avant la disparition de Chi Cheng. Pour une discographie fiable, je retiens donc uniquement les albums studio officiellement sortis.
Par quel album commencer selon vos goûts
Le meilleur choix dépend moins de votre connaissance du groupe que de votre rapport au contraste. Deftones peut être frontal, presque étouffant, puis basculer en quelques secondes vers une mélodie flottante. C’est cette tension qui rend certains disques plus accueillants que d’autres.
| Votre envie | Album conseillé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Découvrir le son le plus emblématique | White Pony | Il réunit riffs, chant, électronique et atmosphère sans sacrifier l’efficacité. |
| Écouter un metal direct et physique | Around the Fur | La batterie et les guitares y occupent une place particulièrement agressive. |
| Privilégier les mélodies | Saturday Night Wrist | Ses morceaux les plus aériens montrent le côté rêveur du groupe. |
| Retrouver un disque moderne et équilibré | Diamond Eyes | Il avance avec une grande fluidité et offre une porte d’entrée très simple. |
| Explorer le contraste entre calme et violence | Koi No Yokan | La dynamique entre les passages suspendus et les explosions fonctionne à merveille. |
| Écouter le Deftones le plus récent | private music | Le disque conserve la lourdeur du groupe tout en laissant davantage respirer les textures. |
Personnellement, je conseille souvent White Pony en premier, puis Around the Fur et Koi No Yokan. Ce parcours permet de comprendre rapidement pourquoi le groupe ne se résume ni au nu metal, ni au metal atmosphérique, ni à quelques titres populaires.
Comment le son du groupe a évolué
Des débuts dominés par l’impact
Sur Adrenaline, Deftones s’appuie sur des guitares accordées bas, des rythmes nerveux et une voix qui passe du cri au murmure. La production a moins de profondeur que sur les albums suivants, mais cette rugosité fait partie de son charme. Je le recommande surtout aux auditeurs qui aiment les disques courts, physiques et sans détour.
Le basculement de White Pony
Avec White Pony, le groupe élargit franchement sa palette. Les synthétiseurs, les samples et les arrangements plus fins ne décorent pas les morceaux, ils changent leur respiration. “Change (In the House of Flies)” et “Digital Bath” illustrent cette volonté de créer une musique à la fois lourde, élégante et inquiétante.
Une maturité plus mélodique
Deftones et Saturday Night Wrist prolongent cette recherche avec des morceaux plus nuancés. Le premier paraît plus compact et sombre, tandis que le second laisse davantage de place aux refrains et aux nappes sonores. C’est à ce moment que le groupe devient particulièrement intéressant pour ceux qui viennent du rock indépendant ou du shoegaze, un courant reconnaissable à ses guitares noyées dans la texture.
Le retour à une puissance maîtrisée
Diamond Eyes et Koi No Yokan donnent une impression de cohérence remarquable. Les guitares restent massives, mais chaque couche est mieux lisible, et les refrains gagnent en ampleur. Pour moi, Koi No Yokan est le disque le plus équilibré de cette période, là où Diamond Eyes séduit par son immédiateté.
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Atmosphère et densité sur les albums récents
Gore privilégie parfois les textures au détriment de l’impact immédiat. Ohms, sorti en 2020, rétablit un équilibre plus frontal avec des morceaux comme “Genesis” et “Ceremony”. Le résultat ressemble moins à un retour nostalgique qu’à une mise au point du son Deftones.
Ce que propose le dernier album private music
Sorti le 22 août 2025, private music est le dixième album studio du groupe. Il contient 11 titres, dont “my mind is a mountain”, “milk of the madonna”, “souvenir” et “cut hands”. Sa durée d’environ 42 minutes en fait un disque assez resserré, pensé pour être écouté d’une traite.
Le groupe a retrouvé le producteur Nick Raskulinecz, déjà présent sur Diamond Eyes et Koi No Yokan. Cette continuité s’entend dans la précision des guitares et la place donnée au groove, mais l’album ne cherche pas à reproduire les anciens disques. J’y entends plutôt une volonté de conserver la tension tout en laissant plus d’espace aux passages contemplatifs.
Le titre peut donner une impression d’intimité, mais la musique reste expansive. “my mind is a mountain” ouvre l’album avec une énergie immédiate, tandis que “i think about you all the time” apporte une dimension plus lumineuse. À mes oreilles, private music fonctionne surtout comme un disque de continuité créative, pas comme une compilation de recettes anciennes.
Comment écouter la discographie sans se perdre
Une écoute chronologique reste la meilleure méthode si vous voulez comprendre les transformations du groupe. Elle permet de percevoir le passage d’un metal très ancré dans les années 1990 vers une écriture plus ouverte, où les silences, les effets et les voix feutrées ont autant d’importance que les riffs.
- Commencez par White Pony pour saisir l’identité générale du groupe.
- Revenez à Around the Fur et Adrenaline pour entendre les racines les plus agressives.
- Écoutez Deftones et Saturday Night Wrist afin de suivre le développement des ambiances.
- Poursuivez avec Diamond Eyes et Koi No Yokan, qui forment un excellent diptyque.
- Terminez par Gore, Ohms et private music pour observer la période la plus récente.
Je déconseille de juger Gore après une seule écoute. Ses morceaux prennent davantage de sens quand on accepte une progression moins immédiate. À l’inverse, Diamond Eyes et Ohms sont généralement les plus faciles à apprécier dès la première session.
Pour un achat physique, le vinyle convient aux auditeurs sensibles au grand format et à l’objet, mais les éditions peuvent varier selon le pressage. Le streaming reste plus pratique pour comparer rapidement les albums, surtout lorsqu’on veut passer d’une période à l’autre sans investir dans toute la collection.
Le parcours le plus révélateur à travers Deftones
Si je devais réduire cette discographie à quatre étapes, je choisirais Around the Fur pour l’énergie, White Pony pour le tournant artistique, Koi No Yokan pour l’équilibre et private music pour la continuité actuelle.
Ce choix ne remplace pas l’écoute des dix albums, mais il donne une image fidèle d’un groupe qui a toujours refusé de rester dans une seule case. Le meilleur disque dépend finalement de l’humeur du moment, et c’est précisément ce qui rend cette discographie aussi durable dans la scène alternative française et internationale.