La discographie de Gorillaz ressemble à un laboratoire musical en mouvement, où le hip-hop, la pop, l’électro et le rock alternatif changent de forme à chaque époque. Je présente ici les neuf albums studio du groupe, leur évolution, les projets à part et le meilleur point de départ selon vos goûts.
Les repères essentiels pour comprendre Gorillaz
- Neuf albums studio sont sortis entre 2001 et 2026.
- Demon Days et Plastic Beach restent les portes d’entrée les plus évidentes.
- The Mountain, paru le 27 février 2026, est le disque le plus récent.
- The Fall et Song Machine occupent une place particulière dans la discographie.
- Chaque album repose sur un mélange différent de collaborations et d’influences internationales.
Les albums de Gorillaz à connaître dans l’ordre
Pour suivre l’histoire du groupe, l’ordre chronologique reste le plus simple. Il montre comment le projet imaginé par Damon Albarn et Jamie Hewlett est passé d’un concept audacieux à une véritable plateforme de création mondiale.
| Année | Album | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|
| 2001 | Gorillaz | Un premier disque hybride, sombre et immédiat, porté par « Clint Eastwood » et « 19-2000 ». |
| 2005 | Demon Days | Le grand album de la consécration, plus dense et plus ambitieux, avec « Feel Good Inc. ». |
| 2010 | Plastic Beach | Une fresque pop et écologique qui multiplie les invités et les textures sonores. |
| 2011 | The Fall | Un carnet de route électronique enregistré pendant la tournée de Plastic Beach. |
| 2017 | Humanz | Un disque nocturne et politique, dominé par le rap, la soul et les productions électroniques. |
| 2018 | The Now Now | Un album plus introspectif, recentré autour de 2D et de mélodies plus calmes. |
| 2020 | Song Machine, Season One: Strange Timez | Une collection de morceaux conçus comme des épisodes, avec une grande variété d’artistes invités. |
| 2023 | Cracker Island | Une orientation plus pop et dansante, pensée comme un disque compact et accessible. |
| 2026 | The Mountain | Un album de 15 titres qui élargit encore le son du groupe vers l’Inde, le Moyen-Orient, le rap et le rock. |
Les trois premiers albums forment le cœur historique
Le premier Gorillaz pose la formule avec ses basses épaisses, ses rythmes hip-hop et son atmosphère de dessin animé post-industriel. Je le trouve encore très efficace pour comprendre l’identité du groupe, même si sa production paraît moins spectaculaire que celle des albums suivants.
Avec Demon Days, la recette gagne en profondeur. « Feel Good Inc. », « Dirty Harry » et « El Mañana » montrent trois facettes du projet, entre efficacité pop, critique sociale et mélancolie. C’est probablement le choix le plus sûr pour découvrir le groupe en une seule écoute.
Plastic Beach pousse l’idée encore plus loin. Le disque fonctionne comme un monde cohérent, presque cinématographique, avec Snoop Dogg, Lou Reed, Mos Def, De La Soul et plusieurs autres invités. À mes oreilles, c’est l’album le plus conceptuel de cette première période, mais aussi celui qui demande le plus d’attention.
Une discographie qui change de visage à chaque période
Gorillaz n’a jamais cherché à reproduire exactement le succès précédent. C’est ce qui rend le catalogue intéressant, mais aussi parfois déroutant. Un auditeur qui adore les guitares et les refrains de Demon Days peut être surpris par l’électronique minimaliste de The Fall ou par la pop brillante de Cracker Island.
De l’énergie collective à l’introspection
The Fall est un projet plus spontané. Son intérêt ne tient pas seulement à ses morceaux, mais à sa texture de carnet de voyage, avec des sons plus bruts et des compositions parfois inégales. Je le recommande surtout aux auditeurs qui aiment observer un artiste en pleine expérimentation.
La période Humanz et The Now Now fonctionne autrement. Le premier privilégie les collaborations, les basses et une ambiance de fête inquiétante, tandis que le second laisse davantage de place à la voix de 2D. Le contraste entre les deux albums est volontaire et permet d’entendre deux lectures très différentes du même univers.
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Le format évolue avec Song Machine
Song Machine, Season One: Strange Timez ne suit pas tout à fait la logique d’un album traditionnel. Les morceaux ont été dévoilés progressivement, comme des épisodes, avec des invités très différents. Ce format convient bien à Gorillaz, car il rend les collaborations plus visibles et permet à chaque titre d’avoir sa propre couleur.
Le résultat est moins homogène qu’un album comme Plastic Beach, mais cette variété fait partie de son charme. Je le conseille aux personnes qui aiment les playlists éclectiques et les morceaux capables de passer du funk au rock, du rap à la pop expérimentale.
Quel album choisir pour commencer
Il n’existe pas un seul meilleur album pour tout le monde. Le bon point de départ dépend surtout de ce que vous recherchez dans la musique de Gorillaz.
- Pour découvrir les tubes, commencez par Demon Days. Il offre le meilleur équilibre entre accessibilité, variété et cohérence.
- Pour un album conceptuel, choisissez Plastic Beach. Son univers visuel et écologique donne une vraie unité à l’écoute.
- Pour le rap et les collaborations, tournez-vous vers Humanz ou Song Machine.
- Pour une écoute plus douce, The Now Now est le choix le plus mélodique et le moins chargé.
- Pour le Gorillaz actuel, écoutez The Mountain, surtout si vous aimez les croisements entre pop alternative, musiques du monde et hip-hop.
Mon conseil personnel est de commencer par Demon Days, puis de passer directement à Plastic Beach. Ces deux albums permettent de saisir l’essentiel du projet avant d’explorer les périodes plus expérimentales.
The Mountain confirme le goût du groupe pour le mélange
Sorti en 2026, The Mountain prolonge la logique collaborative de Gorillaz tout en donnant davantage de place aux sonorités indiennes, moyen-orientales et au rock alternatif. Le disque réunit notamment Bizarrap, Trueno, IDLES, Johnny Marr, Omar Souleyman, Yasiin Bey et Anoushka Shankar.
Sa particularité est de faire cohabiter des artistes contemporains avec des présences vocales ou musicales liées à l’histoire du groupe. « The Hardest Thing », « Orange County », « The Manifesto » et « The Shadowy Light » montrent cette volonté de relier plusieurs générations et plusieurs traditions.
Avec 15 titres, l’album est plus ample que la plupart des productions récentes de Gorillaz. Je le trouve particulièrement intéressant pour les auditeurs qui apprécient les disques moins formatés, même si ceux qui préfèrent la simplicité de Cracker Island pourront le trouver plus exigeant.
Les projets à ne pas confondre avec les albums studio
La discographie du groupe comprend aussi des compilations, des EP et des projets de remixes. Ils complètent l’histoire, mais ne doivent pas être mélangés avec les albums studio principaux.
- G-Sides rassemble des faces B et des morceaux associés à la première période.
- Laika Come Home revisite l’univers du groupe dans une approche dub et reggae.
- D-Sides propose des faces B, des raretés et des remixes liés à Demon Days.
- The Singles Collection: 2001-2011 constitue une bonne porte d’entrée pour écouter les titres les plus connus sans suivre les albums complets.
- Tomorrow Comes Today est un EP important dans les débuts du groupe, mais ce n’est pas un album studio.
Cette distinction compte surtout pour les collectionneurs et les nouveaux auditeurs. Une playlist qui mélange albums, compilations et remixes peut donner une image faussée de l’évolution réelle du groupe.
Le meilleur parcours pour découvrir Gorillaz sans se perdre
Je recommande un parcours en quatre étapes. Commencez par Demon Days, poursuivez avec Plastic Beach, écoutez ensuite The Now Now pour découvrir une facette plus intime, puis terminez par The Mountain afin de mesurer le chemin parcouru.
Vous pourrez ensuite revenir vers Gorillaz, Humanz, The Fall, Song Machine et Cracker Island selon vos préférences. Cette méthode permet d’entendre les grandes transformations du projet sans réduire le groupe à ses seuls tubes.
Ce qui me paraît le plus remarquable reste cette capacité à faire évoluer un univers visuel très reconnaissable sans enfermer la musique dans une formule. Chaque album ouvre une nouvelle porte, et c’est précisément cette instabilité créative qui maintient Gorillaz à part dans la culture musicale alternative.