Le parcours du guitariste Slash se lit mieux comme une série de formations que comme un seul groupe fixe. Quand on parle du groupe de Slash, on parle en réalité de plusieurs chapitres du rock américain, du hard rock de Guns N’ Roses au supergroupe Velvet Revolver, sans oublier ses projets plus personnels. Cet article remet de l’ordre dans tout cela pour expliquer qui jouait avec lui, à quelle période et pourquoi ces groupes comptent encore aujourd’hui.
L’essentiel à retenir sur les groupes de Slash
- Slash n’a jamais été cantonné à une seule formation : sa carrière passe par plusieurs projets majeurs.
- Guns N’ Roses reste le groupe qui a fait de lui une icône mondiale.
- Velvet Revolver a réuni d’anciens membres de GN’R et de Stone Temple Pilots dans un supergroupe marquant.
- Slash’s Snakepit montre son envie de garder un espace plus libre, entre hard rock et side project.
- Son travail avec Myles Kennedy et The Conspirators prolonge cette logique de projet identifié et durable.
Ce que recouvre vraiment le parcours de Slash
Je distingue toujours trois choses quand j’explique sa carrière: le groupe qui l’a rendu immense, les formations nées après la rupture, et les projets qui lui ont permis de garder la main sur sa musique. Slash n’est pas un guitariste “d’un seul nom”, c’est un musicien qui a alterné entre rôle de membre fondateur, de recrue vedette et de chef d’orchestre plus discret. Cette nuance change tout, parce qu’elle évite de confondre un simple projet annexe avec une vraie étape de sa discographie.
Dans la pratique, cela veut dire qu’on ne lit pas son parcours comme une ligne droite, mais comme une carte avec plusieurs pôles: Los Angeles, le rock de stade, le supergroupe de l’après-GN’R et, plus récemment, une approche plus souple, parfois blues, parfois très classique dans le son. Pour comprendre pourquoi ses formations ont autant compté, il faut commencer par celle qui a fixé son image pour le grand public. C’est là que Guns N’ Roses entre en scène.
Guns N’ Roses, la matrice de son identité rock
Slash rejoint Guns N’ Roses au milieu des années 1980, au moment où le groupe construit sa réputation dans les clubs de Los Angeles avant de devenir une machine mondiale. La formation la plus emblématique associe Axl Rose au chant, Slash à la guitare solo, Duff McKagan à la basse, Izzy Stradlin à la guitare rythmique et Steven Adler à la batterie. C’est cette alchimie qui fait exploser Appetite for Destruction en 1987, puis qui porte la vague monumentale de Use Your Illusion I et Use Your Illusion II en 1991.
Ce qui rend GN’R important, ce n’est pas seulement le succès commercial. C’est aussi la manière dont Slash s’y impose: riffs immédiats, solos chantants, sens du refrain, et cette façon de faire sonner chaque morceau comme un morceau de festival avant l’heure. Les changements de line-up sont venus ensuite, avec notamment Dizzy Reed, Matt Sorum et Gilby Clarke dans l’orbite du groupe, mais le socle restait lisible pour le public. En 2026, ce noyau historique continue d’attirer l’attention, avec Axl Rose, Slash et Duff McKagan au centre des grandes dates du groupe. C’est précisément cette force collective qui a préparé le terrain pour une autre réunion de vétérans du rock, très différente dans le son mais proche dans l’esprit.
Velvet Revolver, le supergroupe qui a relancé l’alchimie
Après sa première séparation d’avec Guns N’ Roses, Slash entre dans une logique plus brute et plus collégiale avec Velvet Revolver. Le groupe réunit trois anciens de GN’R - Slash, Duff McKagan et Matt Sorum - auxquels s’ajoutent Dave Kushner à la guitare rythmique et Scott Weiland au chant. Le résultat n’est pas un simple clone de Guns N’ Roses: c’est un rock plus compact, plus tendu, avec une texture parfois plus sombre.
Les deux albums du groupe, Contraband en 2004 et Libertad en 2007, résument bien cette période. Le premier a un côté frontal, presque impatient; le second pousse davantage l’identité du groupe, avec une écriture plus contrastée. Ce qui me semble intéressant, c’est que Velvet Revolver a fonctionné parce que chaque membre y apportait une pièce différente du puzzle: le jeu de Slash, la section rythmique héritée de GN’R, la guitare plus discrète de Kushner et la voix nerveuse de Weiland. Sans ce mélange précis, le projet aurait été juste un nom de plus sur une affiche. Avec lui, il a eu une vraie personnalité. Et avant même ce supergroupe, Slash avait déjà testé une formule plus libre encore.
Slash's Snakepit et ses autres projets montrent un musicien moins figé qu’on le croit
Avant Velvet Revolver, Slash avait déjà lancé Slash’s Snakepit, un projet né dans le prolongement de son envie d’écrire sans dépendre d’une machine aussi lourde que GN’R. Le premier passage du groupe réunit notamment Eric Dover au chant, Mike Inez à la basse, Matt Sorum à la batterie et Gilby Clarke à la guitare. La seconde version du projet changera de visage, avec Rod Jackson, Johnny Griparic, Matt Laug et Ryan Roxie autour de Slash. Les albums It’s Five O’Clock Somewhere et Ain’t Life Grand montrent un guitariste plus libre, parfois plus rugueux, parfois plus direct.
Depuis, Slash a continué à travailler avec des formations identifiables plutôt qu’avec un simple nom en solo. Sa collaboration la plus stable des années récentes reste Slash featuring Myles Kennedy & The Conspirators, avec Myles Kennedy au chant, Todd Kerns à la basse, Brent Fitz à la batterie et Frank Sidoris à la guitare. Officiellement, ce groupe a déjà signé quatre albums studio, ce qui est important: on n’est plus dans le coup d’essai, mais dans un vrai catalogue. Je trouve que c’est la preuve la plus nette que Slash sait faire cohabiter héritage et continuité sans rester prisonnier de sa seule légende. Pour ne pas mélanger toutes ces périodes, le plus utile reste de comparer les membres et les rôles d’un coup d’œil.
Les membres à retenir pour ne pas mélanger les périodes
Quand on parle des groupes de Slash, la confusion vient souvent du fait que plusieurs musiciens reviennent d’une formation à l’autre. Ce tableau remet les repères à plat et aide à identifier, en quelques secondes, qui fait quoi dans chaque chapitre.
| Formation | Membres clés | Ce qu’elle représente |
|---|---|---|
| Guns N’ Roses | Axl Rose, Slash, Duff McKagan, Izzy Stradlin, Steven Adler, puis selon les périodes Matt Sorum, Dizzy Reed et Gilby Clarke | La base historique, celle des hymnes de stade et de la notoriété mondiale |
| Velvet Revolver | Slash, Duff McKagan, Matt Sorum, Dave Kushner, Scott Weiland | Le supergroupe de la maturité, plus dense et plus direct |
| Slash's Snakepit | Slash, Eric Dover, Mike Inez, Matt Sorum, Gilby Clarke, puis Rod Jackson, Johnny Griparic, Matt Laug, Ryan Roxie | Le laboratoire personnel, plus libre et plus changeant |
| Slash ft. Myles Kennedy & The Conspirators | Slash, Myles Kennedy, Todd Kerns, Brent Fitz, Frank Sidoris | Le projet le plus stable de l’ère récente, avec une vraie identité de groupe |
Le point de vigilance, ici, c’est de ne pas attribuer à Guns N’ Roses ce qui appartient à Velvet Revolver, ou l’inverse. Dès qu’Axl Rose disparaît de l’équation, on n’est plus dans GN’R; dès que Scott Weiland est remplacé par Myles Kennedy, on change de logique sonore et de période. Cette distinction paraît simple, mais elle évite beaucoup d’erreurs quand on parle de discographie, de live ou de line-up. À partir de là, on peut enfin répondre de manière utile à la question de départ: quel est, au fond, le “bon” groupe de Slash selon ce que l’on cherche?
Ce qu’il faut retenir selon l’époque, le son et les membres
Si l’on cherche le Slash des grands refrains et du mythe rock, Guns N’ Roses est le bon point d’entrée. Si l’on préfère un groupe plus compact, plus frontal et porté par une vraie logique de supergroupe, Velvet Revolver est le meilleur choix. Si l’on veut comprendre le versant le plus personnel de son écriture, Slash’s Snakepit et ses projets ultérieurs sont plus parlants qu’on ne le croit souvent.
Mon conseil, surtout pour un lecteur qui découvre le sujet sans vouloir se perdre dans les dates, est de raisonner en trois niveaux: le mythe fondateur, la relance par le supergroupe, puis la continuité plus souple de ses projets récents. Cette lecture est plus juste que l’idée d’un seul groupe de Slash. Et pour une scène festival ou rock en France, c’est aussi la meilleure manière de situer un concert, un album ou une affiche sans se tromper de période.
Lire Slash comme une suite de chapitres plutôt que comme un seul nom
Au bout du compte, Slash raconte surtout la stabilité d’une signature et la mobilité des groupes autour d’elle. Il change de contexte, mais jamais de présence: le son reste reconnaissable, alors que les partenaires, eux, dessinent des époques très différentes. C’est ce qui rend son parcours intéressant pour les amateurs de membres de groupes: on y voit comment un même musicien peut porter plusieurs identités collectives sans perdre la sienne.
Si je devais résumer la logique en une phrase, je dirais qu’il n’existe pas un seul groupe de Slash, mais plusieurs formations qui éclairent chacune une facette précise de son jeu. Pour le lecteur, c’est aussi la meilleure façon d’aborder sa discographie sans confusion et de comprendre pourquoi ses projets continuent d’occuper une place solide dans l’histoire du hard rock.