Ce qu’il faut retenir sur le groupe
- Le noyau historique s’articule autour d’Étienne Jaumet et de Cosmic Neman, avec Doctor Schonberg sur les parutions récentes.
- Leur signature repose sur des boucles répétitives, des machines analogiques et une énergie très physique.
- Funk Kraut est leur disque le plus récent, paru en 2025, tandis que Vae Vobis a marqué un virage plus choral et latin.
- Leur musique fonctionne particulièrement bien quand le son est ample, surtout en salle ou en fin de soirée.
- Pour entrer dans leur univers, je conseille soit Plays John Carpenter pour le versant cinématographique, soit A Land for Renegades pour la matrice la plus brute.
Qui se cache derrière Zombie Zombie
Le projet est né à Paris autour d’un noyau qui réunit Étienne Jaumet et Cosmic Neman; les parutions récentes créditent aussi Doctor Schonberg, ce qui explique qu’on parle parfois d’un duo et parfois d’un trio. Je trouve cette souplesse assez révélatrice: chez eux, l’identité ne tient pas à une formule figée, mais à une façon précise de faire tourner les textures ensemble.
Leur langage est celui de l’électronique instrumentale: synthés, batterie, percussions, parfois cuivres ou voix selon les périodes. Ce n’est pas une écriture pensée pour le refrain immédiat; c’est une musique qui installe une matière, avance par couches et préfère la tension à l’effet facile.
Autrement dit, Zombie Zombie n’est pas seulement un nom de groupe: c’est une méthode de composition. Et cette méthode devient vraiment lisible dès qu’on les écoute en train de jouer plutôt qu’en simple fond sonore, ce qui m’amène naturellement à la scène.
Leur son prend toute sa mesure sur scène
Sur scène, ce qui frappe d’abord, c’est la manière dont la répétition devient un moteur. Le terme motorik désigne ce battement droit, obstiné, hérité du krautrock allemand des années 1970; chez Zombie Zombie, il sert à faire monter la pression plus qu’à livrer un hook immédiat.
| Élément | Ce qu’on entend | Effet sur le public |
|---|---|---|
| Synthés analogiques | Nappes épaisses, arpèges, textures légèrement instables | Une sensation de dérive et de profondeur |
| Batterie et percussions | Pulsation nette, frappe organique, relances discrètes | Un groove physique qui tient le morceau debout |
| Références soundtrack | Ambiances cinématographiques, tension nocturne | Une identité immédiatement reconnaissable |
| Structures longues | Peu de rupture, beaucoup de progression | Une écoute immersive, presque rituelle |
Cette logique se retrouve aussi dans leurs disques les plus marquants, qui ne racontent pas tous la même chose mais dessinent une vraie trajectoire.
Les disques à écouter pour entrer dans leur univers
Si je devais réduire leur discographie à un parcours simple, je proposerais d’alterner entre un album fondateur, un disque de reprise, une parenthèse plus expérimentale et le plus récent. C’est la façon la plus claire de comprendre comment leur esthétique s’est déplacée sans perdre son centre de gravité.
| Disque | Année | Ce qu’il faut en attendre | Pourquoi il compte |
|---|---|---|---|
| A Land for Renegades | 2008 | Des plages longues, un goût net pour la tension cinématographique, une base encore très brute | C’est le point d’entrée le plus évident pour saisir la matrice du groupe |
| Plays John Carpenter | 2010 | Des reprises de thèmes cultes, un lien direct avec la culture soundtrack | Le disque dit immédiatement pourquoi leur imaginaire parle aux amateurs de cinéma de genre |
| Slow Futur | 2016 | Une musique pensée pour un dispositif scénique, plus flottante, presque chorégraphique | On y comprend que le groupe sait écrire pour le mouvement et la répétition |
| Vae Vobis | 2022 | Un virage plus choral, du latin, des couleurs plus sombres et plus théâtrales | Le disque élargit leur palette sans renier leur obsession rythmique |
| Funk Kraut | 2025 | Une écriture plus compacte, krautrock-space disco assumée, très directe | C’est leur visage le plus récent, et probablement le plus simple à faire découvrir aujourd’hui |
Je recommande de commencer par Funk Kraut si vous voulez entendre où ils en sont en 2026, puis de revenir vers A Land for Renegades et Plays John Carpenter pour mesurer le chemin parcouru. Et si vous aimez les disques qui fonctionnent comme un trajet plus que comme une suite de singles, Vae Vobis mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
Leur disque de 2016 autour de Slow Futur est, lui, très utile pour comprendre leur rapport au corps et à la scène: la musique n’y sert pas de décor, elle accompagne une mécanique du geste. C’est une nuance importante, parce qu’elle explique pourquoi leur univers reste aussi solide dans un contexte de festival ou de performance.
Pourquoi ils collent si bien à une programmation de festival
Zombie Zombie fonctionne particulièrement bien dans les programmations qui aiment les zones intermédiaires: ni pop très lisible, ni expérimentation sèche. Ils occupent cet espace rare où une foule peut rester attentive sans avoir besoin d’un refrain à chanter toutes les deux minutes.
| Contexte | Ce que ça donne | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Fin de soirée en festival | L’énergie hypnotique prend de l’ampleur, les basses et les répétitions deviennent plus efficaces | Le climat marche mieux si la lumière et le son sont soignés |
| Salle avec bon système | Les détails de synthèse et les percussions ressortent mieux | Un mix trop plat peut aplatir leur relief |
| Scène en plein jour | Le set reste intéressant, mais plus analytique | Il faut un public vraiment curieux pour que la magie opère à plein |
| Écoute casque | Les couches se révèlent, les transitions deviennent plus lisibles | On perd un peu l’effet physique du live |
Ce n’est pas le groupe idéal si l’on veut une gratification instantanée. En revanche, si l’on accepte une montée lente, un peu de patience et un vrai travail du son, l’expérience devient nettement plus forte que beaucoup de sets plus démonstratifs.
C’est aussi pour cela que je les associe volontiers à l’idée de musique alternative française qui assume sa singularité sans se couper du public.
Ce que leur parcours dit de l’électro française alternative
Ce que Zombie Zombie rappelle, à mon sens, c’est qu’un groupe électronique français peut rester profondément instrumental tout en étant très lisible. Ils n’ont jamais eu besoin de courir après la tendance dominante: ils ont avancé avec une grammaire propre, faite de répétition, de texture et d’un imaginaire cinématographique très assumé.
Dans un paysage saturé de morceaux calibrés pour le flux, cette fidélité à la forme longue a quelque chose de précieux. Elle permet aussi aux programmateurs de les utiliser comme un vrai pivot de soirée: assez dansants pour accrocher, assez singuliers pour marquer, assez narratifs pour laisser une trace.
Si je devais résumer l’intérêt du groupe en une phrase utile, je dirais ceci: Zombie Zombie n’est pas seulement un nom à connaître, c’est un bon test pour savoir si l’on préfère l’électro qui déroule des effets ou celle qui construit une atmosphère. En 2026, je continue de les voir comme une porte d’entrée très solide vers les scènes françaises qui privilégient la transe, l’image et le son au sens large.