Come Taste the Band de Deep Purple, l’album qui divise encore

10 octobre 2026

Deep Purple vous invite à come taste the band. Leurs visages se reflètent dans un verre de vin rouge.

Table des matières

Un disque de Deep Purple peut-il rester authentique après le départ de Ritchie Blackmore ? Avec Come Taste the Band, le groupe tente une réponse audacieuse en 1975, portée par Tommy Bolin, David Coverdale et Glenn Hughes. Je reviens ici sur sa formation, son style, ses morceaux essentiels et sa place dans la discographie du groupe, avec quelques repères simples pour savoir comment l’aborder à l’écoute.

Ce qu’il faut retenir de cet album singulier

  • 1975 marque la sortie du dixième album studio de Deep Purple.
  • Tommy Bolin remplace Ritchie Blackmore à la guitare.
  • Le disque mêle hard rock, funk, soul et jazz-rock.
  • Il s’agit de l’unique album studio de la formation Mark IV.
  • Les titres les plus représentatifs sont Gettin’ Tighter, Love Child et You Keep on Moving.

Un album né après le départ de Ritchie Blackmore

Publié à l’automne 1975, ce disque arrive dans une période instable pour Deep Purple. Ritchie Blackmore a quitté le groupe pour fonder Rainbow, laissant Ian Paice et Jon Lord chercher une nouvelle direction avec David Coverdale et Glenn Hughes.

Le choix de Tommy Bolin est décisif. Le guitariste américain ne cherche pas à copier Blackmore, et c’est précisément ce qui donne à l’album sa personnalité. Je trouve que cette rupture explique à la fois sa fraîcheur et les réserves des auditeurs attachés au Deep Purple le plus flamboyant.

Élément Information
Groupe Deep Purple
Année 1975
Rang dans la discographie studio Dixième album
Formation Mark IV
Durée Environ 37 minutes
Nombre de titres 9

La formation Mark IV apporte une autre couleur

Le line-up réunit Tommy Bolin à la guitare, David Coverdale au chant, Glenn Hughes à la basse et au chant, Jon Lord aux claviers et Ian Paice à la batterie. Cette combinaison conserve la puissance du groupe, mais déplace son centre de gravité vers le groove et les voix.

Glenn Hughes occupe une place particulièrement importante. Son chant très soul contraste avec le timbre plus rocailleux de Coverdale, tandis que Bolin apporte des idées venues du funk et du jazz-rock. À mes oreilles, cette interaction entre deux chanteurs est l’un des aspects les plus modernes du disque.

La situation n’est pourtant pas idéale. Les tensions internes, les problèmes de dépendance et la difficulté de remplacer une figure aussi forte que Blackmore fragilisent rapidement le groupe. Deep Purple se séparera peu après, ce qui transforme cet album en témoignage unique d’une formation éphémère.

Un hard rock plus souple, plus funk et moins prévisible

Ce disque n’offre pas le même type de démonstration que Machine Head ou Burn. Les riffs restent solides, mais les morceaux respirent davantage. La basse est plus présente, les claviers jouent souvent un rôle de liant et la batterie d’Ian Paice donne une assise très mobile à l’ensemble.

Gettin’ Tighter résume bien cette évolution. Le titre repose sur un groove marqué, avec une basse très expressive et une guitare moins agressive que celle du Deep Purple classique. Pour moi, c’est l’un des meilleurs points d’entrée pour comprendre ce que Bolin et Hughes voulaient changer.

Les auditeurs attirés par le funk, la soul ou les albums de rock des années 1970 y trouveront beaucoup à apprécier. En revanche, ceux qui recherchent uniquement des morceaux rapides et dominés par les solos risquent de rester sur leur faim. L’album demande d’accepter une approche plus collective.

Les morceaux qui méritent une écoute attentive

Comin’ Home

L’ouverture est la plus immédiate. Comin’ Home conserve une énergie hard rock très accessible et permet d’entendre rapidement la manière dont Bolin s’intègre au groupe. C’est probablement le titre à faire écouter à quelqu’un qui connaît mal cette période.

Lady Luck et Dealer

Lady Luck avance avec une élégance bluesy et une atmosphère plus légère. Dealer, de son côté, s’appuie sur une rythmique nerveuse et des échanges vocaux qui montrent la complémentarité entre Coverdale et Hughes.

Gettin’ Tighter

Ce morceau est le cœur funk de l’album. La basse de Hughes est au premier plan, tandis que les claviers et la guitare construisent une tension progressive. Je le recommande particulièrement avec un casque, car les détails de la section rythmique ressortent beaucoup mieux.

This Time Around et Owed to ’G’

Cette séquence ralentit l’album avant de laisser place à une partie instrumentale dominée par Jon Lord. Elle rappelle que Deep Purple n’a jamais été seulement un groupe de riffs, mais aussi une formation capable de créer des climats plus amples et presque cinématographiques.

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You Keep on Moving

La conclusion est sans doute la plus émouvante. You Keep on Moving associe les voix de Coverdale et Hughes à une mélodie mélancolique, comme si le groupe pressentait déjà sa fin. Ce morceau a une portée particulière dans la discographie de Deep Purple, puisqu’il ferme le chapitre de la Mark IV avec beaucoup de retenue.

Comment le situer parmi les albums de Deep Purple

Il est préférable de ne pas comparer directement ce disque à toute la période dominée par Blackmore. Il appartient plutôt à une transition entre le hard rock classique de Burn et Stormbringer et les projets plus personnels qui suivront, notamment ceux liés à Rainbow et à Whitesnake.

Album Ce qui domine Pour quel auditeur
Burn Hard rock puissant, solos et dualité vocale Pour découvrir la Mark III
Stormbringer Influences soul et funk plus visibles Pour suivre l’évolution du groupe
Come Taste the Band Groove, funk-rock et guitare de Tommy Bolin Pour une approche plus aventureuse

Mon conseil est de l’écouter après Stormbringer, plutôt qu’après Machine Head. La transition devient alors plus logique, et l’on comprend que le groupe avait déjà commencé à élargir son langage musical avant l’arrivée de Bolin.

Pourquoi ce disque mérite encore sa place dans une discothèque rock

Come Taste the Band n’est pas un faux Machine Head et ne doit pas être jugé comme tel. C’est un album de recomposition, marqué par une guitare différente, une basse très active et une vraie ambition de renouvellement.

Sa faiblesse tient surtout à son contexte. Le groupe n’a pas eu le temps de développer durablement cette formule, et certaines chansons paraissent moins abouties que les grands classiques de Deep Purple. Pourtant, cette fragilité fait aussi son intérêt.

Pour une première écoute, je conseille de commencer par Comin’ Home, Gettin’ Tighter et You Keep on Moving. Ces trois titres montrent les principales facettes de l’album et permettent de comprendre pourquoi cette parenthèse de Deep Purple continue de diviser, tout en conservant une vraie valeur artistique.

Questions fréquentes

Il s’agit de l’unique album studio de la formation Mark IV. Cette période réunit Tommy Bolin, David Coverdale, Glenn Hughes, Jon Lord et Ian Paice, après le départ de Ritchie Blackmore.

Commencez par Comin’ Home pour son énergie hard rock, puis écoutez Gettin’ Tighter pour son groove funk et You Keep on Moving pour sa dimension mélancolique.

L’album conserve une base hard rock, mais il met davantage en avant le funk, la soul et le jazz-rock. Les morceaux sont plus souples, la basse est très présente et l’ensemble repose moins sur la vitesse et les solos.

Stormbringer montre déjà les influences soul et funk qui seront développées ici. L’écouter avant Come Taste the Band rend donc plus naturelle la transition vers le groove, la guitare de Tommy Bolin et l’approche plus collective du disque.

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Benjamin Collet

Benjamin Collet

Je m'appelle Benjamin Collet et j'ai sept ans d'expérience dans le domaine des festivals, des musiques alternatives et de la culture. Mon intérêt pour ces sujets a commencé dès mon adolescence, lorsque j'ai découvert la richesse et la diversité des scènes musicales en dehors des sentiers battus. Depuis, je me consacre à explorer et à partager les histoires qui se cachent derrière ces événements uniques et les artistes qui les animent. J'écris principalement sur les festivals émergents, les tendances musicales innovantes et les initiatives culturelles qui méritent d'être mises en lumière. Je m'efforce de fournir des informations claires, précises et à jour, en vérifiant mes sources et en comparant les points de vue pour offrir une perspective enrichissante. Mon objectif est de rendre ces sujets accessibles à tous, en simplifiant des concepts parfois complexes et en organisant les connaissances de manière cohérente. Je suis ravi de contribuer à la communauté de badger-festival.fr et d'échanger autour de ces passions communes.

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